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MFCTG2 – Toulouse FC : Montauban, un rayon de soleil évoluant dans l’ombre.

"Une philosophie portée par des joueuses aux capacités indéniables pour ce niveau, et pour une réserve, qui vont donc devoir se frotter à l’ogre toulousain, et son équipe première ce samedi à 20h au Stade Jean Verbeke de Montauban." Info de dernière minute : Le match se jouera à huis clos. Plus d'infos sur les réseaux sociaux du club montalbanais.

A quelques jours de la réception de l’équipe première féminine du TFC au Stade Jean Verbeke, la réserve du MFCTG se prépare en affrontant « la une » du club, tête d’affiche de Division 2, dans le but d’être prête à accueillir le grand club toulousain, pour les débuts à domicile en Régionale 1, troisième échelon du football français.

Oui, vous avez bien lu, l’équipe deux de Montauban, qui évolue une division plus bas que son porte-étendard en D2F, est belle et bien celle qui doit se frotter au Tef en championnat cette saison, avec deux beaux derbies en perspective.

Pour l’occasion, nous sommes allés à la rencontre de ce groupe humble, travailleur et souriant, à l’image de son duo de coaches, Eric Giuseppin et Laurent Portelli, afin de mettre en avant les maintes qualités de « l’autre » effectif de très haut niveau qui garnit les rangs du MFCTG. Brillantes actrices dans le succès sportif d’un club majeur du paysage du foot féminin français, les filles de la R1F évoluent cependant dans l’ombre de leurs sœurs, qui jouent les premiers rôles en D2F et en Coupe de France, seulement dix ans après la création de la « Section F » du club, suite à l’arrivée du président Jean-Michel Malavelle.

Maillots jaunes ? Shorts bleus ? Pas mal la nouvelle équipe du Brésil.

Après une victoire nette sur le score de 4-1 pour son entrée en championnat 2020/2021 sur la pelouse de Portet, le MFCTG-2 continue sur sa lancée, suite à une saison 2019/2020 de feu. Intraitable premier du groupe B la saison passée, Montauban, avec une seule défaite au compteur, est parvenu à finir loin devant le TFC-2 (qui doit donc laisser sa place à son équipe première cette année), le Critourien FC, le Rodez AF-2, et Portet, tous ces derniers étant dauphins à égalité de points. Cela dit, évidemment, en tant que réserve, les jaune et bleu n’ont pu accéder au niveau national, et ont dû rester en R1F, cette « D3 », stoppées par la présence de l’équipe fanion en deuxième division… Mais aussi la fin abrupte de la saison due au Covid-19, alors que les montalbanaises, également, « voulaient gagner la coupe d’Occitanie, et avaient beaucoup de chance d’aller jusqu’au bout, étant demi-finalistes, mais malheureusement on ne saura jamais », comme nous l’a précisé la défenseur Océane Salle.

Un petit sentiment de « frustration » collectif, qui ne mine pas pour autant le moral du groupe, qui tire sa réussite « de sa qualité et sa dynamique positive, qui s’inscrit dans notre but qui est de chercher les meilleurs résultats », comme le précise le coach Eric Giuseppin, ajoutant : « nous avons fait un bilan, et avons observé une progression tout au long de l’année, et nous reprenons la saison actuelle exactement au point où nous étions l’an passé. Cela veut dire que les acquis sont compris. » Pour l’ancienne demi-finaliste de Champions League (avec Toulouse justement), Karine Pavailler, milieu offensif au sein de l’équipe, « le groupe repart sur la même intention, le même état d’esprit, afin de prouver qu’il mérite cette place que nous voulons toutes confirmer. D’autant qu’il reste majoritairement inchangé, ce qui nous a fait gagner du temps dans le mental, le jeu, et la préparation ». Océane Salle, partageant l’opinion de son entraîneur et de sa coéquipière quadruple championne de France de D1, estime même que « l’effectif s’est encore amélioré techniquement ».

Eric Giuseppin donne des consignes à ses joueuses, mais nous sommes obnubilés par son maillot rappelant la place au classement des montalbanaises la saison passée.

Une grande positivité, justifiée, au sein de la réserve du MFCTG, qui parvient à rimer avec humilité et qualité. La recette d’un cocktail de football plaisir réussi. Un plaisir communicatif pour le spectateur, et qui se ressent dans la complicité des joueuses avec son encadrement, qui assument totalement leur place au sein du club, et le fait de ne pas pouvoir gravir davantage les échelons, malgré un très haut niveau. Pour Eric Giuseppin, « les joueuses le savent. Si elles ne se sentaient pas bien ici, si elles étaient frustrées, elles seraient parties dans des clubs D2. Elles sont satisfaites de ce qu’elles ont. Cela dit, si une (véritable) D3 venait à se créer, ce serait un plus, et cela nous donnerait un challenge plus officiel et un élan supplémentaire. Par exemple, nous avons joué en amical face à Bergerac, qui était dans le bas de tableau de D2 l’année dernière, et nous n’avons pas ressenti de difficulté, donc je pense que nous avons des capacités pour nous battre. Mais de là à nous dire que nous avons la qualité pour perdurer en D2, je n’en suis pas convaincu, et je n’en ai pas la certitude. Parce que nous verrions peut-être les choses différemment, ou les préparerions d’une autre façon… C’est difficile à dire. »  Encore une fois, le discours est commun dans ce groupe qui va de l’avant, en toute harmonie. En effet, Océane Salle et Karine Pavailler rejoignent totalement l’avis de leur entraineur, et cette dernière, ayant connu le plus haut niveau, ne manque pas d’éloges envers ses coéquipières, et son club : « j’ai profité au maximum lorsque je jouais en D1 et au niveau européen, et mon but était de trouver du challenge. Le tout en limitant les déplacements, les entrainements, mais en gardant de la qualité footballistique, ce que je trouve ici-même avec la R1. On a les installations, les éducateurs, l’effectif, donc pour moi c’est 300% plaisir et c’est un régal de jouer avec les jeunes qui sont à l’écoute, et de pouvoir leur transmettre tout ce que j’ai appris pendant ces années ».

Coup du sombrero, extérieur du pied qui finit en lucarne, c’est vraiment comme ça que l’action s’est déroulée ensuite, si si, on vous assure.

Une philosophie portée par des joueuses aux capacités indéniables pour ce niveau, et pour une réserve, qui vont donc devoir se frotter à l’ogre toulousain, et son équipe première ce samedi à 20h au Stade Jean Verbeke de Montauban. Un véritable défi face au téfécé, mais accueilli en toute décontraction par le MFCTG-2. A la question de ses attentes de coach, Eric Giuseppin a répondu : « faire un bon match, ne rien regretter et prendre du plaisir. Pour nous ce n’est que du bonheur d’affronter l’équipe une du Tef, et ce n’est donc pas nous qui avons la pression ». Une rencontre à la saveur particulière pour la figure historique du TFC, Karine Pavailler, qui envisage cependant le match de la même manière que son entraîneur : « certes, on sait que c’est un gros morceau, mais c’est elles qui doivent remonter, donc la pression, elle est de leur côté, notamment en sachant qu’elles n’ont pas joué le premier match étant exemptes, et que nous avons une partie dans les jambes, ce qui peut être un petit plus. Au final c’est le TFC qui vient chez nous, qui a tout l’enjeu. Et pour nous… C’est un bon match à venir ! »

Rien à dire, l’ambiance et le moral sont au beau fixe dans cette belle équipe du MFCTG-2, à quelques jours de la réception du Toulouse FC, et à l’aube de la saison 2020/2021, qui s’annonce tout aussi brillante que celle de l’an passé pour le groupe d’Eric Giuseppin. Et avec ce niveau de jeu, et cette mentalité exemplaire, la réserve de Montauban, bien que dans l’ombre de la D2F, va accompagner l’équipe première de Toulouse dans la mission de faire briller le football féminin occitan en Régionale 1, qui va rayonner, rappelons-le, au Stade Jean Verbeke, ce samedi à 20h. En espérant voir un stade rempli pour encourager montalbanaises et toulousaines dans un magnifique derby en perspective.

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