Comment l’AC Milan en est-il arrivé là ?

Il faut bien comprendre une chose : ce club revient de très, mais alors très loin. Que l’on apprécie ce géant d’Europe ou non, on ne peut qu’accepter que l’AC Milan fasse partie des plus grands clubs de l’histoire. Voir donc, à partir de l’été 2012 et la vente de ses deux meilleurs joueurs au PSG, la déchéance, d’années en années, d’une organisation aussi mythique, faisait beaucoup de peine. La charnière centrale Rami – Mexes, les déclarations de Kevin Constant voulant dépasser Pirlo, les signatures les plus mauvaises les unes que les autres à chaque mercato : Cerci, Matri, Bacca,… Bref, les mots ne suffisent pas pour décrire à quel point l’AC Milan était tombé bas.

Alors que se passe-t-il depuis maintenant plusieurs mois ? Comment se fait-il que l’on puisse ne serait-ce qu’évoquer la possibilité d’un scudetto pour les rossoneri (oui je parle couramment italien non c’est faux) ? On prend un petit cappuccino pour être dans le thème, et je vous embarque avec moi.

Le titre, vraiment un objectif ? 

À l’heure où ces lignes sont écrites, le Milan est en tête du championnat italien avec 37 points, juste devant son cousin interiste à 36 points. Je répète car la phrase peut paraître un peu folle : l’AC Milan est en tête du championnat italien, et nous sommes début janvier, donc après pas mal de matches qui ont déjà été disputés. Mais comment en est-on arrivé là ? Selon mon humble avis, trois événements principaux peuvent l’expliquer.

Le premier, et vous vous en doutez, c’est la signature l’hiver dernier de Zlatan Ibrahimovic pour un contrat de 6 mois initialement prévu. Outre son niveau de jeu toujours aussi impressionnant à son âge, Paolo Maldini, directeur sportif du club, a tant insisté pour la signature du suédois pour une raison : ce qu’il représente en tant que joueur. L’équipe, la plus jeune d’Italie rappelons-le, avait cruellement besoin d’un leader que ce soit sur le terrain ou dans le vestiaire. Il n’y a qu’à voir le changement d’attitude drastique des différents jeunes après l’arrivée du géant pour comprendre son impact. On peut voir tout le sérieux qui règne désormais au sein du groupe.

Le deuxième point fondamental est l’identité clairement affichée de l’équipe, à savoir se reposer essentiellement sur des jeunes joueurs et les développer. Tant de fans réclamaient cette reconstruction, ce « tri » de tous les vétérans qui s’accrochaient encore à la carcasse du club. Aujourd’hui, Maldini/Massara en tête d’affiche pour le côté sportif ont construit une équipe claire, avec des éléments d’expérience à des postes clés et autour de ce noyau des jeunes avec plus ou moins de potentiel. Avoir une identité au sein de la structure même du club change tout, tant pour le staff que pour les joueurs eux-mêmes : on sait vers quoi on va et pourquoi on le fait.

Le troisième point, et non des moindres, est Stefano Pioli. Je n’aurais jamais cru dire ça tant je ne croyais pas en cet homme pour redresser le club. Je faisais partie, je l’avoue, de ces nombreuses personnes qui protestaient ouvertement contre une signature qui sortait un peu de nulle part. Et que dire ? Si ce n’est que notre divin chauve nous a tous fait mentir. N’étant pas un stratège incroyable mais bénéficiant d’une vraie compréhension des joueurs qu’il a à sa disposition, Pioli, depuis son arrivée, réalise un sans faute. Les joueurs sont contents de jouer pour lui, et sont surtout contents d’avoir de la stabilité à ce poste si clé qu’est l’entraîneur. On ajoute à cela un meneur d’hommes tout à fait compétent, et on a une excellente alchimie au sein des joueurs.

Maintenant, il faut être réaliste et honnête, je ne pense vraiment pas que ce Milan a les ressources nécessaires pour viser le titre. J’irais même plus loin, je pense même qu’ils ne devraient même pas y penser. L’objectif le plus important est d’être dans les quatre premières places, ce qui signifiera le retour de la Champion’s League (avant qu’elle ne disparaisse…) à San Siro. En effet, revenir dans la plus prestigieuse des compétitions européennes est crucial pour le Milan. Pourquoi ? Tout d’abord pour « redorer le blason » et être de nouveau attractif pour attirer les meilleurs joueurs de la planète mais également pour dissuader les joueurs importants de l’effectif de ne pas faire leurs valises. Ensuite, pour l’aspect économique. On connaît l’importance de la participation à la C1, et cette dernière sortirait un peu le club de la crise engendrée par la gestion catastrophique des dirigeants chinois après leur arrivée en 2017. Bref, ne pas se voir plus gros qu’on ne l’est réellement et se concentrer le plus longtemps possible pour accrocher les meilleurs résultats.

Mais, pour clôturer cet article et ce cappuccino si onctueux, je dirais simplement merci au club de s’être sorti, il était temps, de l’enfer de ces dernières années. Vous redonnez le sourire à des millions de personnes à travers le monde. Grazie mille.