Panini, entre tradition et souvenirs d’enfance

C’est désormais une tradition. Chaque année, vers le mois de décembre, Panini édite sa collection dédiée à la Ligue 1. Le concept est simple : un album vide, avec environ 600 emplacements d’un côté. Des pochettes contenant cinq stickers autocollants de l’autre. Sur ces stickers, les écussons ou les visages des joueurs de Ligue 1, des entraîneurs, ou encore de Ligue 2. Parfois même des stickers qui ne servent à rien. Et chaque année, le même plaisir. Celui de pouvoir découvrir ou redécouvrir les visages du championnat de France de football de manière ludique. Cette année, aucune chance d’y échapper. Panini, ce n’est pas que pour les enfants. Malgré les 30 printemps, dès la fin du mois de novembre, j’ai commencé à le chercher dans les bureaux de tabac et presse de Nîmes. Ce précieux sésame qui donne l’accès à plusieurs heures de découverte et à plusieurs dizaines, voire centaines, d’euros en moins sur le compte en banque. Evidemment, ce genre de collections n’est pas pour les personnes attachées aux billets que l’on peut trouver dans son portefeuille. Le processus coûte énormément d’argent.

Qui dit vignettes d’entraîneur, dit Olivier Dall’Oglio.

Pour moi, les albums Panini évoquent des souvenirs d’enfance. J’ai fait mes premiers albums de football pour l’Euro 1996. Un cadeau de mes grand-parents qui savaient que je collectionnais les albums, même si c’était plutôt ceux des Disney et des dessins animés en premier lieu. Plus tard, j’ai eu l’occasion de remplir l’album de la saison 1997-1998, celle où Lens a été champion. Et il faut savoir que j’ai connu cet album avant même de m’intéresser au football. Techniquement, je suis un footix. Je me suis intéressé au sport au moment de la coupe du monde 1998, soit lors de la fin de saison de cet album. Bon, le fait d’avoir seulement 7 ans au moment en fait mon premier souvenir de football. Quand mes parents m’ont offert cet album, je ne connaissais donc pas le principe de championnat. Quelque part, on peut dire que j’ai connu la Division 1 avant même de m’intéresser au football. Mon premier album revient à l’époque de la seule saison dans l’élite de Châteauroux et de l’époque où l’AS Cannes évoluait encore en première division. La Division 2 était dans sa dernière saison à 22 clubs, avec notamment Toulon, Wasquehal, Mulhouse ou Louhans-Cuiseaux. Ainsi, après la Coupe du Monde 1998, au moment de découvrir le championnat de France, j’ai été surpris de voir Lorient, Nancy ou Sochaux être évoqués en Division 1 au moment de commencer à regarder Téléfoot. Ils étaient en Division 2 à ce moment-là et ils étaient montés à l’issue de cette saison. Je n’étais pas encore au fait du concept de promotion-relégation.

Thomas Tuchel aura au moins gagné sa vignette cette année.
A la découverte des pages avec le club préféré du chef.

De plus, il me permet encore de me souvenir de nombreux noms de joueurs de Ligue 1. Je me souviens encore de la tête de certains joueurs comme Alain Gouaméné, ancien portier de Toulouse, Nicolas Laspalles (passé par Guingamp) ou encore Angelo Hugues, ancien gardien de Châteauroux. Il y a aussi le souvenir de voir des joueurs encore jeunes aujourd’hui retraités (Thierry Henry à Monaco, Djibril Cissé à Auxerre…) Il me semble avoir fait tous les albums jusqu’à la saison 2002-2003, soit au moment de la dernière saison de Sedan en Ligue 1 (si on exclut le passage éclair en 2006-2007).

Après plus d’une décennie sans avoir collé des stickers, j’ai eu un coup de foudre en 2016 grâce à un événement particulier : l’Euro. Parce que j’étais en moyen de me le payer tout seul, et parce que cet événement avait lieu en France, je décidais alors de me lancer dans cette collection. Ce fut une redécouverte en même temps qu’une plongée en enfance. J’ai donc repris cette habitude de prendre l’album du championnat de France de Ligue 1 chaque année, ainsi que les autres albums de football, des grandes compétitions, avec les deux coupes du monde masculine de 2018 et féminine de 2019. Et vous pouvez imaginer que celui de l’Euro en prévision est au programme.

J’ai ainsi pu voir l’évolution entre les deux époques. De manière générale, je suis moins fan de ce qui se passe aujourd’hui sur les stickers. Avant, le sticker présentait un portrait et toutes les informations liées aux joueurs était sur l’album. Aujourd’hui, toutes ces informations figurent sur le sticker. Un coup marketing de Panini, visant à laisser la possibilité de n’acheter que des stickers, sans l’album. Mais, du coup, je trouve qu’il y a moins ce côté « guide » de la saison, une fois terminé. Il y a aussi le cas de la Ligue 2 sur lequel je reviendrai.

Première image ? Celle du trophée.

Passons désormais à l’objet destiné à devenir une belle relique de la saison en cours. J’ai toujours le même rituel, à chaque pochette. J’ouvre l’album à la première page. Ensuite, j’ouvre la pochette de manière à voir le verso des stickers. Une fois, cela fait, je classe dans l’ordre croissant et je commence à coller, sans voir s’il s’agit d’un futur double et justement d’un sticker à coller. L’idée est d’avoir la surprise en arrivant sur la page concernée. Après la pochette, je recommence cela. J’ai toujours fait comme ça.  Et la première image collée sera celle…la numéro 1, celle du trophée Hexagoal, décerné au champion de Ligue 1. Et le premier joueur ? Rayan Cherki, l’espoir lyonnais.

Le premier d’une longue série.

Dans cet album du championnat de France, on y retrouve aussi la Ligue 2. Je trouve que ce championnat est de moins en moins mise en valeur. Quand j’étais plus jeune, lors de mes premiers albums, il y avait l’écusson, avec une photo de l’équipe. Puis cette photo de l’équipe. Il y a eu aussi jusqu’à cinq images par équipe de deuxième division, avec notamment avant des images avec quatre portraits chacune. Aujourd’hui, chaque écusson de club a le même numéro qu’une autre. Par exemple, l’écusson de Pau est avec celui de Rodez sur la même image. Il y a désormais quatre joueurs, deux par image numérotée.

Nous assistons à la naissance du Café Soccer Universe.
Toujours plus de Café Soccer Universe.

En plus des deux divisions professionnelles, il y a toujours un bonus dans l’album. La saison dernière, c’était un zoom sur l’arbitrage. Cette fois-ci, c’est une rétro des titres de l’OL féminin. Pas forcément inintéressant mais cela n’apporte pas grand-chose. Et, en plus, ils ont décidé d’ajouter un poster cette année. L’idée était d’imaginer d’un All-Star Game, avec une rencontre entre une équipe de talents français et un autre de talents étrangers du championnat. Sincèrement, je ne vois pas trop ce que ça rapporte sur le plan du savoir.

Oui, Benjamin André fait partie de la sélection France.

Quelque part, c’est un peu le constat que l’on peut avoir sur l’album en règle générale. Mais, pour la tradition, il était évident qu’il fallait le faire. La madeleine de Proust pour tout amoureux de notre belle et vieille Ligue 1.