Selon nous, qu’est-ce qui fait un grand joueur ?

On prend les mêmes, et on y retourne. Après avoir donné notre vision sur qu’est ce qui fait un grand championnat (article à retrouver ici) Lucas et Loïc décident désormais de s’attaquer à une vision plus individuelle : qu’est-ce qui fait un grand joueur ? Installez-vous confortablement, jetez cette tisane digestion et prenez un bon ristretto parce qu’on va s’attaquer à ce que fait un mythe. 

Tout d’abord, et ce sera le cas pour toute cette série de « Selon nous, qu’est-ce qui fait ? », les lignes que vous allez lire ici ne résument en rien une vérité générale mais purement l’avis très subjectif des rédacteurs. 

Loic : De mon côté, je dois l’admettre, en ayant commencé à suivre le football étant très petit, au début des années 2000, je me suis tout de suite attaché à quelques grands noms du football mondial, sans pour autant aimer leurs équipes. Là est mon premier critère, si j’ose dire, qui fait un grand joueur. Vous savez, cet athlète qui est dans une équipe dont vous vous moquez éperdument et malgré tout, vous l’admirez. Exemple très précis : Francesco Totti. Étant un adorateur de l’AC Milan, vous comprendrez que mon admiration pour la Roma est inexistante. Et pourtant… Combien de fois me suis-je surpris à regarder des matches importants de cette équipe simplement parce qu’il y avait Totti, et que je voulais assister à un de ses éclairs de génie. N’ayez jamais honte de suivre une équipe simplement grâce à un joueur, c’est la marque de leur grandeur. 

Deuxième critère, et sans doute le plus difficile à juger tant il englobe de choses : les qualités du joueur en question sur le terrain, ce qu’il fait, à son poste, pour se démarquer et ainsi s’imposer dans son domaine. Chaque poste au football est bien différent, ce qui fait donc qu’on peut difficilement mettre en relation un défenseur droit et un milieu défensif par exemple. Mais que ce soit techniquement, physiquement ou même intelligemment, il y a toujours une façon de transcender son poste et pourquoi pas, pour les plus grands, en devenir des références. Le côté « performance pure » pèse énormément dans la balance selon moi. Il y a une grande part d’émotion évidemment mais si le joueur ne dépasse vraiment pas de loin « la norme », je ne le considère pas comme un mythe, une légende. 

Le troisième critère, le dernier, le plus important. Je vais essayer tant bien que mal de ne pas rentrer dans mes considérations philosophiques sur le sujet mais : qu’est-ce que le joueur représente sur et en dehors du terrain ? Ce sport, comme tous les autres, voit naître chaque année des nouvelles pépites, des grandes équipes, et donc des grands joueurs. Mais les mythes, les légendes, quant à elles, perdurent dans les esprits. Ce que tu fais pour ton club, voire ta ville même, et l’empreinte que tu laisses est fondamental. Allez à Barcelone et parlez de Xavi, allez à Southampton et parlez de Le Tissier, allez à Lyon et parlez de Gomis… Bon évitez de faire ça finalement.

Bref, qu’est-ce que les gens vont retenir de toi alors qu’ils pourraient s’intéresser à des milliers d’autres joueurs ? Là repose l’essentiel de ce que fait un grand joueur : aller au-delà de son sport pour ne jamais le quitter. 


Lucas : A cette question, contrairement à celle des championnats que nous avions traité la semaine dernière, je ne pense pas que la réponse soit si subjective que ça. En revanche, là où il y a une nuance, c’est qu’une multitude de bonnes réponses se présentent selon moi.

Grand joueur, vous pouvez tout d’abord l’être bien évidemment par votre qualité sur le terrain. Les footballeurs les plus reconnus de l’histoire sont avant tout les plus doués, les plus performants, et ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats au meilleur niveau. Inutile de les citer, nous les connaissons déjà tous.

Grand joueur, vous pouvez aussi l’être par la trace que vous avez laissé au sport de manière globale, sans forcément avoir touché les sommets inaccessibles que seuls les rares à avoir explosé les records et/ou décroché les titres les plus prestigieux, ont pu atteindre. Je pense ici à ces joueurs, clairement excellents, essentiels à l’histoire de ce sport, mais qui n’auront jamais la réputation internationale « ultime » dont jouit des Messi, Ronaldo, Pelé ou Maradona, pour ne citer qu’eux. Peut-on également nier que des joueurs auteurs de carrières de très grande qualité, mais véritablement connus uniquement par les fans de foot, ne sont pas de grands joueurs ?

Cela dit, je persiste à dire qu’un grand joueur peut se trouver à toute échelle. Mais dans ce cas, la grandeur a un rapport à une entité, club ou championnat, ou à un certain niveau de jeu. Loin des plus grandes sphères, existent des joueurs qui ont marqué par leur apport et leurs performances, que ce soit chez les professionnels, parfois à des niveaux plus modestes, ou chez les amateurs. Sans être l’un des plus grands de tous les temps (à part pour les coup francs), Juninho est un grand de l’OL. Nacho Piatti sera toujours un grand de l’Impact (oui de l’Impact) tout comme Junior Negrao sera toujours un grand d’Ulsan Hyundai, ou Tom Pope à Port Vale, encore à un échelon plus bas. Et étant bénévole au MFCTG, amateur, là aussi de nombreux grands noms sont passés au sein du club montalbanais, et ont marqué les esprits par tout ce qu’ils ont accompli sur les terrains (et en dehors).

Enfin, pour conclure, et en guise de dernier cas de figure, nous avons également chacun des joueurs que nous considérons tous subjectivement comme grands, qui nous ont marqué d’une façon ou d’une autre, et que l’on porte dans nos coeurs. Ceux-ci n’ont pas fait que marquer des buts, ou des points au classement, ils ont aussi marqué votre esprit.