Souvenirs de stade

A tous ces merveilleux souvenirs dans les stades, à tous ces beaux moments qu’il nous tarde de revivre un jour. A l’amour de l’odeur de la pelouse, et de la fraternité en tribunes.

Lucas : C’était une soirée de décembre 2011 au Stadium de Toulouse. Le TFC accueillait Evian. Oh que oui, ça promet n’est-ce pas ? Mon père avait reçu des invitations, et j’y étais allé avec Christopher, un très bon ami de longue date. On était arrivé au stade relativement tôt, le temps de nous installer à nos places et de discuter un peu. L’occasion de rencontrer un monsieur de l’entourage de Cédric Cambon, alors joueur d’Evian. On papote, il me trouve sympathique (comme tout le monde, ça va de soi), et me propose alors de récupérer le maillot de Cédric après le match. Tout content, je reviens auprès de mon père et de Chris. Le match commence, Toulouse ouvre le score par Moussa Sissoko, et à la mi-temps le score est de 1-0. Avec un moral au top, je me dis « tiens allez, je vais à la boutique faire floquer mon maillot au nom de Bulut » après quelques vannes à son sujet faites en tribunes, lui qui n’était pas l’attaquant le plus doué au monde. Je suis donc, comme un imbécile, à moitié nu, par un temps glacial, dans la boutique du Stadium en attendant le flocage. J’en profite d’ailleurs pour dire au vendeur « vous allez voir, Bulut il va nous faire une grande deuxième mi-temps, c’est sûr et certain ». Un de mes joueurs favoris, Daniel Wass, égalisait au retour des vestiaires, et l’attaquant turc du Tef n’avait clairement pas envie de me donner raison. Enfin ça, c’était jusqu’à un coup franc à la dernière minute, et une belle combinaison : c’est Umut Bulut qui a permis à Toulouse de récupérer les trois points ! Résultat ? Un Evian dégoûté qui a rejoint son bus, quasiment dans la foulée du coup de sifflet final, juste le temps de prendre la douche. Je n’ai pas revu Cédric Cambon, mais par contre j’ai vu Christian Poulsen qui a entendu mes moqueries au sujet de sa présence à l’ETG, et qui m’a lancé un regard danois glacial, en marmonnant je ne sais quoi dans sa langue. C’était assez drôle, tout comme cette soirée que je n’oublierai jamais.

Florian : Etant supporter parisien mais n’habitant pas sur Paris, il n’a jamais été aisé d’assister aux matches. J’aurais pu vous raconter ma première fois dans le merveilleux Parc des Princes lors d’un PSG-OM assez terne sur le terrain avec un beau 0-0 dans les années 2000, ou le titre gagné à Gerland avec un but de Menez en 2012, ou plein d’autres rencontres dans mon historique… Mais celle que j’ai retenu pour cette article est une finale récente (2014) contre l’OL en Coupe de la Ligue au Stade De France. Nous sommes le 19 Avril, nous nous rendons à Paris avec mes deux cousins (oui le PSG est une affaire de famille chez nous) pour cette finale contre l’OL. Après quelques heures de route, nous voilà enfin arrivés devant le Stade De France. Le rendez-vous des finales nationales auquel nous répondons souvent présents. Nous arrivons donc sur l’esplanade, direction le virage réservé aux supporters Parisiens. Nous voyons qu’un sponsor, la FDJ, organise un jeu avant d’accéder au virage. Pour la beauté du geste je décide de participer, il s’agissait d’un tir de précision comme on peut le trouver dans certaines fêtes foraines : il fallait viser avec une frappe dans un des quatre coins du but, trois fois. Vu mon niveau assez modeste, je n’avais que très peu de chances. Cependant, ce jour là, j’arrive a mettre les trois. Nous sommes quelques uns à le réussir, et nous devons nous départager à la mort subite. Me voilà en course pour tirer une dernière fois. A ce moment là, je ne me doute pas un instant de ce qu’il m’attend : je réussis le dernier tir, je suis le seul, et l’organisateur du jeu m’annonce que je suis sélectionné pour représenter le côté supporter PSG à la mi-temps du match sur la pelouse pour le jeu de la MT. « On viendra te chercher en tribune » me dit-on. L’échauffement commence, l’excitation du match aussi, puis celui-ci débute fort avec un but de Cavani a la 4ème minute. Puis quelques minutes plus tard, on vient me chercher. Je dois me rendre en coursive pour préparer le jeu de la mi-temps, je lâche un « oui mais je vais rater le match » qui surprend un peu la personne venant me récupérer. Je me retrouve dans les coursives du Stade de France, dans un bureau où on nous explique avec mon acolyte Lyonnais (qui se trouve être un parisien n’ayant pas eu de place du bon coté) et moi-même comment va se dérouler le jeu. Nous recevons un équipement complet édition joueur du club floqué pour la finale. Le jeu était devant les cages au point de penalty, nous devions viser cinq cibles. Une cible représentait 1000 euros en chèques cadeaux de voyages avec l’agence de voyage de la FDJ. Le moment arrive, les joueurs rentrent aux vestiaires, nous les croisons à peine et arrivons sur le terrain. Une sensation exceptionnelle de se retrouver au milieu du terrain en pleine finale. Certes, les tribunes sont un peu plus vides, car les buvettes et les toilettes sont prises d’assaut, mais quand même sur un stade a 80000 personnes cela reste impressionnant. Présentation avec le speaker de chaque club, pour moi c’était l’immense Michel Montana, que j’étais honoré de rencontrer et qui me demande si je suis un habitué. Je lui dis qu’effectivement je me rends dès que possible au Parc des Princes et que j’aime sa façon d’animer les matchs. Puis tout s’enchaîne vite, c’est mon tour de jouer, me voilà en train d’haranguer le virage pour avoir du soutien, qui répondra positivement. Je m’élance et je réussis à abattre deux cibles, avec des acclamations du public après chaque cible touchée. Je repars donc avec l’équipement, un chèque cadeau de 2000 euros, et des souvenirs plein la tête de cette finale. Je reviens en tribune pour la deuxième mi-temps en recevant les félicitations des personnes autour de moi et aussi de mes cousins restés en tribune. Il est temps de fêter cette victoire et d’effectuer le chemin retour avec ces merveilleux souvenirs.

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Vincent : J’ai un souvenir de stade plutôt particulier. Aucun souvenir de stade à proprement parler mais plutôt une anecdote en dehors du pré. Lors de la saison 2000-2001, ma mère et moi étions abonnés au CS Sedan Ardennes, alors en Division 1. C’était l’année du changement de stade, avec le passage d’Emile-Albeau à Louis-Dugauguez. En octobre, un Sedan-Rennes était au programme. Le match se déroule sous des trompes d’eau. Celui-ci est annulé et reporté. Nous repartons alors vers la voiture. Je veux courir et faire un peu le con dans un parc à proximité du véhicule. Au moment d’un saut, je vois un truc se lever. Un serpent. Pour la première fois, je voyais cet animal qui me faisait peur rien qu’en le voyant en images. Ce n’était pas un bestiau impressionnant mais la surprise a rendu ce souvenir un peu perturbant. Depuis, j’ai peu des serpents, même quand j’en vois un inoffensif en vrai. Pour la petite histoire, le match Sedan-Rennes a été rejoué un mois plus tard comme match d’inauguration du nouveau stade. Un bon 0-0 des familles. Opposition à presque oublier.

Loic : Je ne suis pas fan du PSG. Loin, très loin de là même. Mais étant un habitant de la région parisienne malgré moi, j’ai un accès plutôt simple que ce soit pour le Parc ou même le Stade de France. Ainsi, lors de la saison 2009-2010, pour la finale de la coupe de France opposant l’AS Monaco au PSG, j’ai eu la chance d’y assister avec une très belle place, une vue parfaite sur les joueurs. Je vous parle de ce match non pas pour le niveau plutôt bas de cette finale, mais pour avoir côtoyé un fan de Paris qui était l’incarnation même de ce qu’un fan respectable de football peut être. Habillé de la tête aux pieds à l’effigie du club de la capitale, notamment avec ce fantastique maillot au sponsor Liptonic que les plus anciens d’entre vous connaissent très bien. Mickael, ce soir là, il ne le sait sans doute pas, a laissé un souvenir indélébile dans ma petite tête de l’époque. Déjà, il a passé tout le match, et j’insiste sur TOUT le match, a critiquer Guillaume Hoarau avant d’exulter comme je l’ai rarement vu sur son but à la 107ème d’une tête toute classique après une frappe déviée. J’ai eu l’impression d’avoir assisté à un but semblable à celui de Van Basten à l’Euro 88 tellement il a crié à ce moment-là… Mais me direz-vous, ce que j’explique est une chose « classique » dans beaucoup de stades au final, alors en quoi est-ce si spécial pour moi ? Tout simplement, car, en partant après le coup de sifflet final, Mickael a réussi à être au bon endroit au bon moment pour avoir le maillot de ce même Hoarau, porté par le joueur, un maillot donc très précieux. Qu’en a-t-il fait ? Après l’avoir récupéré, il l’a donné à son père, qui était en fauteuil roulant devant le stade, et j’avoue n’avoir jamais oublié le sourire fier de son papa. On a pu discuter plusieurs dizaines de minutes, comme des amis se connaissant depuis de longues années. Cette anecdote ne concerne que peu le football en soi, mais c’est sans aucun doute le plus beau souvenir de stade de ma vie. Merci Mickael, on pense à toi champion.