Légendes des polémiques : Pitres ou Pachas ?

Comme chaque sport, le football n’est pas épargné par les polémiques. Les joueurs, acteurs principaux, sont les premiers à se retrouver au cœur de celles-ci, notamment certains, habitués des gros titres pour des raisons qui dépassent le cadre de leur performance. Café Soccer a pioché dix grands noms controversés, et essayé (subjectivement, ce qui va sans doute provoquer de la controverse, c’est le but) d’estimer la mentalité de ces joueurs sur une échelle à la dénomination poétique, de « pitre » à « pacha ».

Mario Balotelli

Loic : On commence en douceur avec un joueur qui a suscité pas mal d’émotions chez de
nombreuses personnes. Je me souviens, comme beaucoup, de son but contre l’Espagne à
l’Euro 2012. Que cette époque semble lointaine tant le joueur a déçu par la suite. Quelques
éclats certes, mais un niveau largement en deçà de ce qu’il aurait pu produire avec une
meilleure conception du football et une meilleure hygiène de vie. Bref, un goût d’amertume ce
joueur.

Lucas : Dans ses meilleures dispositions, j’aime beaucoup le joueur, sa carrière, et ses moments. De plus, on sait tous que son parcours de vie n’a pas été le plus facile, au contraire… Mais avec le recul, cela ne justifie pas tout. Je ne vais pas critiquer son comportement, mais plutôt être triste du gâchis d’un tel potentiel lié à de la simple (et pas méchante) bêtise. Je suis avant tout triste pour lui, ce n’est clairement pas un joueur ou une personne détestable, loin de là.

Joey Barton

Loic : Ah ce fameux clash contre Ibrahimovic qu’on a pu voir pendant des semaines dans
les médias français, tant il manquait quelque chose à se mettre sous la dent. Joey est un
joueur sérieux, profil classique du milieu anglais polyvalent mais en plus de ça doté d’un… Fort caractère pour être courtois. Malgré tout, cet aspect a tendance à prendre le dessus sur
son jeu en lui-même qui n’est clairement pas incroyable.

Lucas : J’aime les joueurs agressifs et avec du caractère. Je n’aime pas les personnes violentes et méchantes. Joey Barton fait partie de la deuxième catégorie, tout en étant un relativement moyen footballistiquement parlant. Il y a des limites à ne pas franchir, l’anglais les a toutes franchies sur le terrain, et en dehors. Il ne manque qu’un meurtre à son palmarès de faits divers, c’est dire.

Patrice Evra

Loic : Latéral gauche de très grande qualité, véritable légende de Manchester United, n’en
déplaise à certains. Je pense clairement que le fait de quitter ce club et cet environnement
qu’il connaissait parfaitement l’a beaucoup changé. Pour en arriver à lécher des cuisses de
poulet sur Instagram, il faut quand même qu’il se soit passé quelque chose. I love this game,
certes, Patoche, mais pas sur ta fin de carrière…

Lucas : Grand fan du joueur qu’est Patrice Evra pour ses performances dans l’ère Ferguson de Manchester United. Je ne commenterai pas le reste, ce serait bien trop négatif, et trop long. Grand fan du joueur (oui, je répète).

Luis Suarez

Loic : El Pistolero, un des meilleurs attaquants de l’histoire de ce sport, joueur suivant.

Lucas : Luis Suarez est un con. Disons-le, c’est une tête brûlée puissance 1000 d’un point de vue humain. Est-il mal intentionné ? Je n’en ai pas l’impression, il semblerait que ses actes controversés viennent davantage du naturel « turbulent » qui se manifestait déjà pendant son enfance. J’aime son manque de raison aberrant (on se rappelle qu’il s’est plaint de la main d’un gardien, ou demandé un rouge pour un joueur qui a arrêté un fan envahissant le terrain), tout comme j’aime son talent infini sur le terrain. Jamais on ne verra un joueur comme lui à nouveau.

Eric Cantona

Loic : « Le gros poisson ». Je n’ai pas eu la chance de le voir jouer, donc mon avis repose
sur les vidéos ou archives sur le joueur. Incroyable techniquement, qualités hors norme pour
un joueur de presque 1,90m, mais un tempérament incontrôlable. Très très grand joueur. L’homme, je demande à voir.

Lucas : Quel joueur fantastique ce Cantona, artiste de la fabuleuse ère des 90s dans le football britannique. Ajoutez à cela un fort tempérament apprécié, un peu trop d’ailleurs, et vous obtenez une légende… Qui se croit tout permis, et qui peut se le permettre par le fait que tout le monde accepte aveuglément chacun de ses actes et propos.

Paolo Di Canio

Loic : Ou comment une simple photo peut coller à vie à la personnalité d’un homme.
Paolo a fait de nombreux clubs, mais c’est à West Ham qu’il s’illustrera le mieux. On sait que
les anglais aiment les gens tumultueux, on comprend donc pourquoi il s’est toujours très
bien senti là-bas.

Lucas : Paolo Di Canio est un fasciste convaincu et fier, qui idolâtre un pantin qui était à la tête de son pays durant la seconde guerre mondiale. Il déclare cependant ne pas être raciste, et je n’en doute pas un seul instant. De plus, lui-même n’est pas fan de sa psychologie. Le syndrome du cul entre deux chaises, là où je me situe en jugeant sa carrière de footballeur, même si j’aurais tendance à la considérer comme solide.

Zlatan Ibrahimovic

Loic : Critiqué pour son arrogance ou son manque de grand trophée, Zlatan a marqué
son sport et continue de le faire. A-t-on déjà vu un joueur aussi agile en étant aussi grand ?
39 ans aujourd’hui et leader du 1er de Serie A, un niveau de jeu toujours aussi grand, et on a le
sentiment qu’il peut continuer encore quelques temps. Mais d’après un certain journaliste français
connu il ne vaut rien du tout…

Lucas : Un personnage, voilà ce qu’est le Zlatan Ibrahimovic que vous connaissez. Et j’insiste bien sur le mot « personnage », lui qui JOUE avec nous tous, en portant la cape du joueur le plus arrogant de la planète. Problème, vous ne pouvez rien lui reprocher, il est encore l’un des meilleurs joueurs au monde à 40 ans, et peut donc se permettre d’utiliser cette image qui cache un homme radicalement différent, comme son entourage ou lui-même l’expliquent.

Gennaro Gattuso

Loic : Il faut avoir vu jouer le Milan des années 2000 pour pouvoir en parler. Joueur qui
n’avait qu’un rôle sur le terrain : défendre et agresser le porteur de balle adverse.
Typiquement le profil qui ne peut exister sans de très grands joueurs autour, parce que jouer
avec Seedorf, Pirlo, Ambrosini, Ronaldinho… Comme compères au milieu c’est quand même pas
mal. Ancelotti disait souvent que c’était un des joueurs les plus importants de l’équipe.

Lucas : Un passionné sanguin, voilà ce qu’est Gennaro Gattuso. Alors certes, ça n’explique pas tout comportement, et on se cache beaucoup trop souvent derrière l’argument de la passion. Cela dit, Gattuso, sans être un grand technicien, par son implication et sa mentalité, était une pièce essentielle de l’une des plus grandes dynasties de l’histoire du football. N’oublions pas non plus qu’il n’a pris que deux cartons rouges tout au long de sa carrière.

Roy Keane

Loic : Parfait alliage de classe et d’agressivité. Semblable à Gattuso, avec de bien
meilleures qualités techniques évidemment, Keane était entouré de très grands joueurs à
Man U, et pouvait donc parfaitement se lâcher au milieu. Meneur d’hommes plus intelligent
qu’on ne le pense, son duo avec Scholes au milieu est l’une des plus belles choses du
football.

Lucas : Scholes aurait pu faire partie de cet article, mais l’opinion populaire préfère se concentrer sur Keane, qui n’a « pas l’âme d’artiste » de son compère au milieu du côté de Manchester United. Ce qui est faux : Keane était un maître dans le contrôle de balle et la distribution, en plus d’un irlandais agressif, mais courageux. Keane-Scholes, c’était l’assurance de se prendre un petit pont à la 56e minute, puis perdre son tibia à la 57e. Pourtant, Roy Keane pense fermement avoir été « trop gentil » tout au long de sa carrière. On demande confirmation tout de même.

John Terry

Loic : Finissons en beauté, LE capitaine de Chelsea. À défaut de supporter son club, j’étais
triste pour lui lors de son fameux penalty manqué en finale de C1 contre Manchester. 717
matches dans le club de la capitale, un niveau de jeu constant. Des affaires personnelles aux fesses qui vont beaucoup ternir son image, mais sur le terrain John était l’âme de Chelsea et
le sera toujours.

Lucas : Une formidable carrière du côté de Chelsea pour John Terry qui fera de lui l’un des joueurs favoris des fans chez les Blues… C’est aussi une mes idoles au poste de défenseur, mais pas à celui d’humain. La liste infinie de controverses liées à son nom, et son affaire avec la femme de son ex-ami Wayne Bridge, viendront à jamais ternir l’image d’un joueur qui aurait pu être à jamais un modèle, avec une telle fidélité pour son club, et un excellent niveau de jeu pendant de longues saisons.